Photo : Studio 68

Ce témoignage nous a été partagé par le site Co-vies20

J’en peux plus de discuter avec des écrans. J’en peux plus de la distanciation sociale. J’en peux plus de ces masques. Je voudrais vivre, je voudrais courir, je voudrais enlacer, embrasser, danser, crier, chanter, respirer. Trop de restrictions, plus de lien social. Serrer les fesses, supporter, ne pas dire ce qu’on pense vraiment, peur du jugement. Et pourtant je rêve d’un bal masqué. Pas un bal avec des masques bleus moches qui ressemblent à des culottes sur nos bouches. Non, un bal où on serait tous heureux, beaux et joyeux. Un bal où on s’en ficherait de savoir qui se cache sous le masque de la commedia dell’arte ou sous le masque vénitien. On danserait avec qui on voudrait sans s’inquiéter de savoir qui est cette personne et avec qui elle a été en contact deux jours auparavant. Je rêve d’un rendez-vous clandestin. D’une rencontre hasardeuse. D’une discussion normale qui n’utilise pas le mot « Covid », « confiné » ou encore « hôpitaux ». Je veux pouvoir dire que je veux une quarantaine de bonbons différents à l’épicier sans penser au nouveau sens qu’a pris le mot « quarantaine ». Je voudrais pouvoir m’asseoir à une terrasse au hasard sans qu’on me demande mon nom, mon numéro et mon adresse. Je voudrais qu’on me fiche la paix. Aujourd’hui on est confronté à la mort tous les jours, à la peur, aux cons, à l’angoisse, aux tensions, à l’injustice, à la colère. À la place, on aurait besoin d’une bonne claque de positivité, d’un câlin collectif avec beaucoup d’amour, d’une poignée de main remplie d’empathie, d’une grande fête avec toutes les personnes qui nous sont chères. Non, aujourd’hui, ce qu’on nous dit, c’est : « Trop d’humains tue l’humain. »

Anonyme