
Réflexion d’une gymnasienne lors de la 8 ème semaine de confinement.
Je n’arriverai jamais à m’intégrer dans cette société. On attend de moi que je sois une femme, belle, élégante, intelligente, pas naïve, terre à terre, ambitieuse mais toujours moins que ceux qui dirigent le monde, gentille, polie, mais assez égoïste pour aller loin. Je vis dans une société où on est jugé sur notre apparence, sur notre réussite ou sur la taille de notre porte-monnaie. Mais comment je suis censée faire ? Je suis belle mais pas selon les critères de la société, intelligente mais jamais assez selon les notes qu’on me donne, je suis naïve et je préfère croire à l’impossible que de ne croire en rien, je suis gentille mais beaucoup trop emphatique pour aller loin dans le business. Mon apparence me définit.
On vit dans un monde où tuer pour du pouvoir est une norme, où laisser crever des gens pour de l’argent est notre quotidien. Tous trop occupés à se regarder dans le miroir pour être sûr que tout va bien. Mais non, tout va pas bien! Le monde va mal, et nous on le regarde s’éteindre comme si on ne pouvait rien y faire. Cette société n’est pas faite pour moi, c’est une évidence. Mais je suis clairement faite pour cette société. Je ne suis que de passage sur cette terre mais je me dois de changer ce qui ne va pas. Je me dois d’aider ceux qui se font oublier, maltraiter, repousser, virer, sont mis de côté, ceux qui se font violer, ceux qui se font exploser. Tous ceux sur qui on ferme les yeux parce qu’ils sont « à un stade irrécupérable », tous ceux qui sont trop différents pour qu’on y prête attention. Ce monde est malade mais on a tous une part de responsabilité dans sa convalescence. Je ne resterais pas là, sans faire de vague, je suis à contre-courant, je suis différente, c’est ok. J’ai de l’espoir et je vais le partager.
Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes