Lundi 04 mai.

Ma vie provisoire me fait penser à celle d’un héros d’une nouvelle de Maupassant, souvent seul, la folie les guette à force de tourner en rond toute la journée, on n’a plus envie de faire quoi que ce soit. Parfois, un sursaut me gagne et je me met à crier comme si j’étais un gosse de 4 ans, un peu comme ça :

 «KKKKIAAAAAAAAAAAAAUUUUUUUUUUUUUUUUUULLLLLLLLLLLLOOOOOOOOOOOOOOOBBBBBBBBBBBBBLLLLLLLLLLLLLLLLL»

J’aime bien faire ça, je crois que ça me permet d’extérioriser des sentiments que je n’arrive pas à exprimer normalement. La nuit, des fois, je parle tout seul, faute de quelqu’un avec qui le faire même si c’est vrai que cette semaine, j’ai quand même vu du monde. D’ailleurs ça m’a fait un drôle d’effet, une sorte de joie béante, je me sentais mi-heureux, mi-ridicule.

Bon sinon je commence à ne plus avoir grand chose à raconter et je crois qu’après celle-ci, il reste encore quatre semaines donc bon… Va falloir s’accrocher hein ?! Et pas seulement pour écrire ce journal, j’entends, mais un peu en général. Ce matin, j’ai entendu qu’à Genève (Genf en allemand), ils avaient doublé les cellules pour les personnes à tendance suicidaire; en même temps, quand on est genevois, ça doit être particulièrement difficile de ne pouvoir tirer de longues théories sur une terrasse en bordu avec une bière pendant aussi longtemps.

Enfin bon voilà   c’est très long… :-/

Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes