
15 janvier 2020. En soirée, mon amie perd les eaux et nous entrons à la maternité. C’est la toute première fois que nous portons un masque – les nouvelles consignes. Déjà des bruits courent sur l’impossibilité probable, pour les pères, d’assister aux accouchements. Par chance, cela n est pas encore mis en place et je pourrais être présent. L’accouchement se passe bien, la mère et l’enfant, né dans la nuit, sont en bonne santé. Nous passons deux jours à la maternité à découvrir et prendre soin de notre bébé. Sans visites, ce qui n était alors pas une évidence. Le masque n’est déjà plus obligatoire car des « vols » ont lieu entre les services afin d’approvisionner les plus nécessiteux, comme la réa.
Malgré la bulle de douceur et de fatigue dans laquelle nous nous trouvions, nous parvenions à ressentir, chuchotante, l’inquiétude et la tension du personnel soignant. Lorsqu’enfin, deux jours plus tard, nous sortons de notre cocon, un brin déconnecté, le monde nous paraît bien étrange. Les rues bondés d’avant hier sont vides, désertes. Le silence nous escorte et un frisson nous saisit.
Nous venons de mettre au monde un petit être. Mais dans quel monde ?
Fraîchements sortis de la maternité, nous voilà nous aussi tout neufs, un peu hallucinés, à contempler le « monde d’après ». Chère famille, nous sommes heureux de vous annoncer la naissance de Marius que vous rencontrerez bientôt, nous l’espérons. Deux mois plus tard en réalité, sans embrassades évidemment. Bref, étonnante arrivée sur Terre…
Nous avons partagé ce témoignage depuis le site Ad Memoriam