
Photographie : Guillaume Perret
Depuis mars 2020, de Vincennes à Nouméa, l’enfermement, le confinement, l’incertitude se mêlent à la peur du covid. Prof d’histoire géo, entouré de collégiens masqués, en distance physique à qui il fallait faire faire oublier cette lourde pandémie en racontant des histoires fantastiques et montrer et expliquer des lieux, les moins sombres possibles…
Moi, c’est le dessin qui m’a fait m’évader…
Reprendre la même vue de la fenêtre de ma chambre de Vincennes. Lieu sûr, protecteur, mais lieu de solitude… Vues de la fenêtre comme une série d’étapes du cours de mes états d’âme sur cette plaie qui n’en finit pas… Soulagement aussi, oubli du présent surtout grâce à mes balades de couleurs sur le papier…
Janvier 2021, je quitte le confinement métropolitain pour une zone covid free en Nouvelle-Calédonie… Une île forteresse censée nous protéger du virus… Plus de masque… Une vie comme avant… Le sourire et les bavardages de mes élèves… Enfin?! Cage dorée, les arbres du Front de mer de l’Anse Vata à Nouméa sont comme des barreaux qui empêchent l’entrée du virus, mais qui nous signalent que nous sommes cloîtrés dans l’île… Le dessin toujours de la même vue… Un marqueur des étapes de cet enfermement protecteur. Il a duré le temps qu’un variant pénètre le caillou, semant contaminations et morts dans une population peu vaccinée. Triste retour à la réalité que vit le monde de la part des Calédoniens.
Nous avons partagé ce témoignage depuis le site Ad Memoriam