Cet article, réalisé par Zacharie Routhier, provient du site Radio-Canada
Pour une deuxième fois depuis mars, Lisa Ouellette a dû fermer son commerce de toilettage pour animaux pour une durée indéterminée. Si cette pause forcée mine progressivement ses économies, la jeune entrepreneure de Sturgeon Falls s’inquiète d’abord et avant tout pour les animaux de ses clients.
Pour elle, « le toilettage n’est pas un luxe. Les toiletteurs repèrent plein de petits problèmes de santé chez les animaux de compagnie
« , résume-t-elle.
C’est pour cette raison qu’elle juge son travail essentiel, malgré les directives du gouvernement qui indiquent le contraire.
Elle soutient que plusieurs chiens ont la vie dure lorsqu’ils ne sont pas toilettés en bonne et due forme, notamment ceux issus de croisements entre des races à poil long.

PHOTO : RADIO-CANADA / ZACHARIE ROUTHIER
« J’ai beaucoup de personnes âgées qui m’appellent et qui ne veulent pas maltraiter leurs animaux. Mais ils ne savent pas comment entretenir tout ce poil-là. […] Ils m’appellent pour de l’aide, et malheureusement, je dois les refuser
« , regrette Lise Ouellette.
Elle explique que le poil long a tendance à retenir l’humidité près du corps de l’animal. Or, il s’agit d’un climat propice au développement d’infections.

PHOTO : SOUMISE PAR LISA OUELLETTE
Elle craint aussi que certains chiens ne se retrouvent avec des nattes, c’est-à-dire des amas de poils serrés qui risquent d’entraîner des blessures à la peau.
C’est comme si on avait une queue de cheval très serrée tout le temps. Quand on va enlever cette queue de cheval, on va sentir que ça démange. C’est pareil pour un chien, sauf que le chien ne peut pas dire au propriétaire qu’il est inconfortable.
Lisa Ouellette, propriétaire et directrice générale de Lisa’s Pawfect Pet Grooming
Les toiletteurs du Lisa’s Pawfect Pet Grooming offrent également la coupe des griffes des chiens, ce qui est particulièrement important l’hiver, alors que la neige au sol empêche leur usure naturelle. Autrement, celles-ci peuvent entraîner des problèmes de hanche ou encore abîmer les pattes.
Après le premier confinement, Lisa Ouellette a constaté que plusieurs animaux ont souffert de la fermeture de son commerce. Elle craint que le scénario ne se reproduise cette fois-ci.
Elle estime que 350 à 400 personnes font appel à ses services. Ceux-ci fréquentent généralement son commerce une fois tous les trois mois.
Attendre le retour à la normale
En attendant l’autorisation de rouvrir son commerce, Lisa Ouellette passe son temps avec d’autres animaux : ceux de sa ferme.
« Je peux m’occuper de mes chèvres, de mes chevaux, de mes canards… ça me garde pas mal active. J’imagine que si j’étais en appartement, la déprime aurait frappé pas mal plus fort
« , dit-elle.

PHOTO : SOUMISE PAR LISA OUELLETTE
Si ses économies diminuent au fur et à mesure que le confinement se prolonge, elle garde toutefois le moral.
« Pendant mes cinq années en tant que toiletteuse, j’ai traversé pas mal de défis. Celui-ci me fait moins peur, car je sais que c’est une compagnie bien établie et qui fonctionne bien.
«
Elle soutient d’ailleurs qu’elle peut compter sur le soutien des gens de sa communauté. J’ai des clients qui viennent encore me voir pour acheter des chèques cadeaux, ce qui est très apprécié.
« À ce point-ci, je m’inquiète surtout pour les animaux
« , réitère-t-elle une dernière fois. »
Zacharie Routhier