Photographie : Valentine Bonafonte

#humansofpandemics. Deuxième semaine de confinement. C’est dur de rester positive. C’est dur de ne pas trop y penser. J’ai du temps à dépenser, mais pourtant je n’ai rien envie de faire. Je n’ai pas envie de promener le chien, je n’ai pas envie de poursuivre mon projet de couture, je n’ai pas envie de faire du sport, je n’ai pas envie de passer le coup de fil que je suis sensée passer à mes grands-parents, je n’ai pas envie de jouer à mes jeux, je n’ai pas envie de lire, je n’ai pas envie de ne rien faire, je n’ai pas envie de ne pas avoir envie.

En fait, quand j’y pense, j’ai un tas d’envies, seulement elles ne sont réalisables qu’après le confinement et certaines sont malheureusement impossibles.

J’ai envie de faire des soirées tous les week-ends avec mes amies et amis, j’ai envie d’aller me poser dans un parc ou a la plage avec plus de 5 personnes, j’ai envie de retourner dans le temps pour changer le cours d’une soirée qui s’est mal passée, j’ai envie que la personne que j’aime m’aime en retour, j’ai envie de comprendre certaines choses, j’ai envie d’arrêter d’être aussi pensive.

Je suis stressée, je ne sais pas encore exactement ni même avec certitude quand les cours reprendront. Je ne sais pas quelles notes auront lieux, j’ai peur de ne pas faire de bons résultats, mais je n’aime pas travailler pour rien.

Au début du confinement, je ne pensais pas que celui-ci pourrait avoir un réel impact sur moi. À vrai dire il m’a changée. Il y a des jours où je suis méchante et agacée par mon père alors qu’il ne fait rien de spécial. Il y a des jours où ça va bien et il y a des jours où ça va mal, on se sent seul et on ne sait pas quoi faire. En temps normal, quand j’ai le moral dans les chaussettes, je vois des amies, je fais en sorte de ne pas m’isoler, de ne pas me morfondre, mais comment dire que ces derniers temps c’est compliqué.

En un mot, tout ça c’est : compliqué.

Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes