
#humansofpandemics. Deuxième semaine de confinement, mars 2020. Texte d’un-e gymnasien-ne
Voilà maintenant deux semaines que je ne vis qu’à moitié. Sans le rythme routinier plutôt actif que j’avais avant les mesures pour lutter contre la pandémie, la vie a perdu un peu de sa saveur et semble passer bien plus lentement. Lorsque nous avons quitté nos lieux de formation, les professeurs n’ont pas arrêté de nous répéter que nous n’étions pas en vacances et même si la charge de travail que nous recevons est assez modérée à mon sens, ils avaient raison: nous ne sommes pas en vacances. En vacances, on peut voir des amis, aller à des fêtes, concerts, anniversaires, on peut se rendre à la plage, dans de grands centres commerciaux et j’en passe… Actuellement, rien de tout ça n’est permis. Si encore cet isolement forcé n’était pas dû à une maladie potentiellement mortelle pour les personnes âgées, nous pourrions passer du temps avec notre famille, mais malheureusement, c’est le cas…

Mes journées se ressemblent tellement toutes que ç’en est vite devenu lassant. Mon temps d’écran a bien dû être quadruplé et ce n’est de loin pas que pour les révisions que je l’utilise. J’essaie de garder la forme, je jardine, je cours, je fais du vélo, je cuisine, je lis. Et chaque jour c’est la même chose; lorsqu’il fait moche, mes journées sont encore plus longues. Ce temps de retraite a tout de même quelques bons points, on peut enfin faire tous les petits trucs qu’on n’a jamais le temps de faire, on retrouve de vieilles BD’s, on découvre des nouvelles musiques, on a le temps de regarder des documentaires et des livres sur les sujets qui nous intéressent. Mais pour ma part, bien souvent, la flemme l’emporte sur les choses vraiment utiles que je pourrais ou devrais faire, ce qui me porte à la conclusion suivante: l’être humain n’est pas fait pour faire ce qu’il veut (même si là nous sommes confinés) et c’est pour ça que la société nous dicte à tous notre emploi du temps quotidien. Si ce n’était pas le cas, nous serions tous perdus dans notre vie, avec un sentiment d’inaccomplissement qui nous resterait coincé en travers de la gorge.
Bien sûr, je discute régulièrement avec mes amis et tous partagent mon impression de sombrer petit à petit dans un état proche de celui de la folie; ils adoptent un comportement inhabituel, signe d’un manque de relations sociales. En prenant la décision de préserver au maximum la santé physique de leurs citoyens, les Etats ont porté un sacré coup à leur santé mentale…
Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes