24.05.2021. Je connais Adrien depuis quelques années déjà ; j’aime bien son tempérament, il a de l’humour, il joue bien. Alors quand je vois qu’il participe à une expérience théâtrale inédite faite en fonction des mesures sanitaires, C-o-n-t-a-c-t, je ne réfléchis pas, je fonce à Neuchâtel pour voir ce qu’il nous a mijoté.

Je ressors bouleversée de cette expérience.

Pendant une heure j’ai déambulé dans les rues avec mon casque audio sur la tête ; je suis Sarah. Le mot est bien choisi car si j’emboîte le pas à la comédienne talentueuse qui joue ce rôle, je m’identifie aussi totalement à cette voix résonnant dans ma tête qui représente ses pensées.

L’expérience est surprenante. Alors que Sarah fait mine de se sentir mal, des passants autour de nous la regardent ; ils hésitent à lui venir en aide. Ils n’entendent pas sa voix, ne savent pas que nous sommes en train de vivre un revirement narratif. Tout à coup, ils comprennent que c’est normal, que le théâtre s’est invité dans la ville, et ils rougissent ; ils sont sur scène, au milieu des acteurs. Quelques gloussements gênés puis ils repartent plus loin en gardant un œil sur cette situation atypique.

© Diana M Photography 

Sarah nous emmène dans son univers, dans ses craintes, ses tristesses ; le thème du contact humain est présent, il amène de façon discrète la question de la pandémie et des mesures actuelles.

La Covid-19 n’est jamais citée mais nous comprenons qu’elle a marqué son époque, qu’elle  questionne notre rapport aux autres et au corps.

Ariane Mérillat