#humansofpandemics. Deuxième semaine de confinement, mars 2020. Texte d’un-e gymnasien-ne

Voilà deux semaines que nous sommes confinés. Berset dit qu’ils ont vu trop juste en disant que milieu mai nous reprendrions une vie normale; j’en déduis que c’est loin d’être la fin de tout ça. Surtout que nous ne sommes pas encore dans le pic de la pandémie. Ça fait peur quand même, ma mère qui va le minimum possible en course nous raconte que les gens deviennent violents entre eux par rapport à la distance sociale et aux groupes de cinq maximum. On se croirait dans un film « apocalypse » où le virus va muter et nous deviendrons des zombies. Cette pandémie, ça rend les gens tarés sur les bords, bon, pas que sur les bords. Rien que la folie pour le papier toilette, c’est incroyable. Je ne le vis pas trop mal ce confinement même si voir des gens me manque énormément. Voir des gens, les balades à moto surtout avec ce temps magnifique, sortir faire la fête, faire des photos, tout ça me permet de garder les pieds sur terre mais en ces temps c’est très compliqué. J’ai hâte que ça se termine.

Pour l’instant, je n’ai pas encore tué les trois mioches qui courent partout et qui trouvent hyper, mais alors, hyper drôle de venir faire des grands gestes pendant les zoom des cours à distance. En attendant, ce n’est pas eux qui risquent d’avoir des examens alors s’ils souhaitent voir la fin du confinement, faudrait qu’ils se calment. Je me perds. Pour en revenir à ces cours, je suis stressée par la dose de travail mais je vais m’en sortir, je crois. Les examens c’est moins sûr en revanche; avec ces conditions de travail c’est délicat d’être vraiment concentrée car nous sommes tous dans la même pièce. Et mes nuits de sommeil, n’en parlons même pas; une catastrophe avec tous ces hommes qui ronflent comme pas possible. Au moins, durant mes insomnies, c’est plus ou moins calme alors j’en profite pour travailler un minimum. Enfin il n’y a pas que les ronflements, je réfléchis beaucoup à la suite des évènements avec différentes possibilités. Cet avenir incertain commence à beaucoup m’occuper la tête, ça en devient limite pénible. Enfin bon, j’espère qu’on n’aura pas ces examens sinon je suis bonne pour passer encore une année là-bas.

Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes